GLUTEN

REGIME SANS GLUTEN

Par Agathe Mayer – TOP SANTE – Le 04 mai 2017 à 19h04

Le régime sans gluten ne devrait être suivi que par les intolérants et les cœliaques qui ne supportent pas cet aliment. Pour les autres, il augmenterait le risque de maladies cardiaques.

La restriction de la consommation des grains entiers dans le cadre d’un régime à faible teneur en gluten peut augmenter le risque de maladies cardiaques chez les personnes non atteintes de maladie cœliaque, selon les résultats d’une étude publiée dans la revue médicale British Medical Journal.

Si la maladie cœliaque affecte environ 1 Américain sur 100, un tiers d’entre eux essaient de réduire le gluten, voire de suivre un régime sans.

Benjamin Lebwohl, professeur adjoint de médecine, épidémiologie et directeur de la recherche clinique dans le Centre de maladie cœliaque de l’Université de Columbia aux Etats-Unis a voulu comprendre si ce régime était réellement profitable à la santé du grand public.

Il a mené avec son équipe une étude sur plus de 100 000 hommes et femmes pour comprendre l’impact d’un régime alimentaire sans gluten sur une population qui n’est pas cœliaque pour qui le gluten est exclu.

Les scientifiques ont analysé les données sur les maladies cardiovasculaires et les maladies coronariennes chez 65 000 femmes et 45 000 hommes. Chaque participant a rempli des questionnaires de régimes détaillés tous les quatre ans entre 1986 à 2010. Les participants ont été divisés en cinq niveaux de consommation estimés de gluten.

 

Le régime sans gluten n’a aucun bénéfice sur les maladies cardiaques

Les résultats montrent que la restriction du gluten n’a aucun bénéfice, au moins en termes de santé cardiaque, pour les personnes non cœliaques.

Les chercheurs ont constaté qu’il n’y avait aucune association entre la consommation de gluten et le risque de maladie coronarienne. « Même ceux qui ont mangé la plus faible quantité de consommation de gluten ont eu le même taux de maladie cardiaque que ceux qui consommaient le plus de gluten », a expliqué Andrew Chan, gastro-entérologue, co-auteur de l’étude. « En fonction de nos données, recommander un régime à faible teneur en gluten uniquement pour la santé du foyer ne semble pas justifié ».

Pour le chercheur, suivre ce régime peut même causer des dommages, car il limite la consommation de grains entiers qui ont un effet protecteur contre les maladies cardiaques.

De nouvelles études vont être mises en place pour analyser les bénéfices-risques du régime sans gluten sur le cancer et les maladies auto-immunes.

 

Maladie cœliaque : un enfant sur cinq ne guérit pas avec un régime sans gluten

Par Mathilde Ledieu – TOP SANTE – Le 08 nov 2016 à 18h29

Des anomalies présentes même après disparition des symptômes

Au diagnostic, puis un an après la mise en place du régime, les scientifiques ont réalisé des examens d’endoscopie et de biopsie intestinales. Pour le premier, il s’agit d’explorer l’intérieur du système digestif. Le second consiste à prélever et analyser des échantillons d’intestin. Par ailleurs, les anticorps lgA tTG, typiques de la maladie, ont été mesurés. Les enfants qui présentaient des symptômes persistants voire nouveaux ont subi ces examens à plusieurs reprises pour suivre l’évolution de la maladie.

Résultat de l’étude : même lorsque les symptômes s’améliorent ou que le taux d’anticorps est bon, 19% des enfants conservent des anomalies dans l’intestin visibles grâce aux examens d’exploration. Pratiquer des biopsies à répétition n’est pas conseillé dans la prise en charge de cette pathologie, mais pour les auteurs, leur étude montre que c’est le seul moyen de vérifier que les anomalies de l’intestin ont bien disparu après le régime sans gluten. Il s’agit maintenant pour eux de poursuivre leurs travaux afin de déterminer au mieux le rôle du gluten et de comprendre ce qui se passe lorsqu’on l’exclut de l’alimentation.

 

« Sensibilité » au gluten : à ne pas confondre avec l’intolérance !

Par Emilie Godineau Le 08 juin 2014 à 20h00 – Source TOP SANTE

Vous avez l’impression de ne pas digérer pain, pâtes ou quiches, mais vous n’êtes pas cœliaque ? Les experts s’accordent désormais sur l’existence d’une mauvaise tolérance au gluten sans pour autant y être intolérant. Explications.

Produits et restaurants « sans gluten » qui se multiplient, vedettes et champions sportifs vantant le régime « sans gluten »… Phénomène de mode ou véritable problème de santé ? Toujours est-il qu’entre les véritables malades cœliaques et les simples accros à la tendance, il faut désormais compter avec les « sensibles » au gluten. Les spécialistes s’accordent en effet sur l’existence d’une sensibilité au gluten non cœliaque (SGNC). Fin 2012, un groupe d’experts internationaux s’est réuni à Munich pour dresser le bilan des connaissances actuelles sur cette nouvelle pathologie.

Quelles différences avec l’intolérance au gluten ?

L’intolérance au gluten, aussi appelée maladie cœliaque, est une réaction immunologique anomale vis à vis du gluten, un ensemble de protéines contenu dans certaines céréales : le blé, le seigle, l’orge et l’avoine. Celle-ci entraine une altération de la membrane intestinale avec pour conséquence une malabsorption des nutriments. Les symptômes sont nombreux et variés : douleurs abdominales, diarrhées, ballonnements, fatigue, anémie… mais aussi parfois troubles neurologiques et articulaires. Environ 1 % de la population serait touchée. Depuis quelques années, les médecins voient de plus en plus de patients présentant les mêmes symptômes, mais chez qui les tests de recherche de la maladie cœliaque sont négatifs. « La sensibilité au gluten est un peu une forme bâtarde de l’intolérance au gluten, note le Professeur Bruno Bonaz, gastro-entérologue au CHU de Grenoble. Peut-elle à terme déboucher sur celle-ci ? Pour l’instant, on ne sait pas ». Plus fréquente, on estime que la SGNC toucherait 6 % de la population.

Comment diagnostiquer la sensibilité au gluten ?

« On commence par s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une intolérance au gluten, avec des examens sanguins pour rechercher les anticorps spécifiques (les IgA anti-tranglutaminase), voire une biopsie de l’intestin grêle », explique Bruno Bonaz. Si la pathologie est écartée, on peut suspecter une SGNC. Le problème est qu’il n’existe pas de biomarqueurs spécifiques pour cette maladie. Seule certitude : une personne « sensible au gluten » souffre de divers troubles digestifs rapidement après avoir consommé des aliments contenant du gluten, et voit son état s’améliorer quand elle arrête d’en consommer. L’amélioration est rapide car la membrane intestinale n’est pas altérée comme dans le cas d’une intolérance.

Que faire si l’on se croit concerné ?

Pas d’autodiagnostic et de mise au régime sans gluten sans avis médical préalable. « Je vois beaucoup de gens qui ont exclu le gluten de leur alimentation parce qu’ils se sentent mieux ainsi, constate Bruno Bonaz. Le problème est qu’ensuite, il est plus compliqué de diagnostiquer une possible intolérance au gluten ». En effet, les anticorps et les lésions intestinales caractéristiques de cette maladie disparaissent quand on arrête de consommer du gluten. Or le régime n’est pas le même en cas d’intolérance ou de sensibilité. « Les personnes intolérantes doivent suivre un régime strict, contraignant et coûteux », rappelle le médecin. Dans le cas d’une sensibilité au gluten, il existe un certain degré de tolérance propre à chacun. « On diminue progressivement les quantités de gluten et on observe ce qui se passe en terme de confort digestif », explique la diététicienne Virginie Grandjean-Ceccon. Pour certains, supprimer les principales sources de gluten (pain, pâtes, gâteaux) suffit. Pour d’autres, il faudra aussi aller traquer le gluten caché dans les aliments transformés ». L’alimentation doit donc complètement être adaptée au cas par cas.

Faut-il diminuer sa consommation de blé par précaution ?

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer l’augmentation récente de la SGNC. Parmi celle-ci, le fait que le blé a subi de nombreuses modifications génétiques ces dernières années pour répondre aux besoins de l’industrie agro-alimentaire. Ainsi, sa teneur en gluten (nécessaire à la panification) a été augmentée.

Autre piste : l’ATI (inhibiteur de l’amylase/trypsine), une protéine associée au gluten. « Pour rendre le blé plus résistant aux insectes, la teneur en ATI a été renforcée, indique la nutritionniste Barbara Konitzer. Selon un groupe de recherche de l’université de Mayence en Allemagne, celle-ci pourrait entraîner des réactions immunitaires anormales ». Enfin, le blé serait plus présent qu’avant dans notre alimentation, via les produits transformés, dans lequel il est utilisé (souvent sous forme d’amidon) pour ses propriétés liantes et épaississantes.

Bref, même si les raisons de la SGNC ne sont pas encore clairement identifiées, il est vivement recommandé de varier son alimentation en variant les céréales (et en pensant aux légumineuses) et de cuisiner maison !

 

Avec ou sans gluten ?

Les aliments qui contiennent du gluten…

  • Pain
  • Pâtes
  • blé, avoine, épeautre, kamut, seigle, orge
  • Céréales de petit déjeuner

Et ceux qui n’en contiennent pas…

  • Galettes de riz, tartines craquantes au sarrasin, pains sans gluten, en magasins spécialisés.
  • Vermicelles de soja, nouilles soba (100 % sarrasin), vermicelles de riz
  • Riz, quinoa, amarante, millet, kasha (sarrasin grillé), légumes secs (lentilles, pois cassés, haricots secs…)
  • Pétales de maïs ou de sarrasin, mueslis à base de flocons de châtaignes, de grains de quinoa soufflé, d’amarante…

Le régime sans gluten n’est pas un régime amaigrissant