Séismes & Tsunamis

Des sismologues creusent la croûte terrestre au Japon – 13/09/13 – 10h12  Source: AFP

Une équipe de sismologues a entamé vendredi une nouvelle mission de quatre mois pour creuser la croûte terrestre au large du Japon, afin de déterminer l’origine des tremblements de terre. Ces scientifiques ont appareillé à bord du Chikyu (le « Terre »), un navire de quelque 57.000 tonnes équipé d’une tour de forage de 121 mètres de haut capable de creuser jusqu’à 7.000 mètres sous le fond de la mer.

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Parti du port de Shimizu (centre du Japon), ce bateau va les emmener à 80 km de la côte où l’équipe va reprendre un travail de forage entamé en 2007 et conduit régulièrement depuis sous l’océan Pacifique. Les chercheurs vont creuser vers la faille Nankai (« la faille de la mer du sud »), là où la plaque de la mer des Philippines glisse sous la plaque eurasienne.

L’intense activité géologique de cette zone pourrait entraîner à plus ou moins long terme un séisme potentiellement dévastateur, beaucoup plus puissant que celui de magnitude 9 du 11 mars 2011 intervenu à un millier de kilomètres au nord-est de cette région et qui avait entraîné un tsunami géant. Le gouvernement japonais a dévoilé l’an passé un scénario catastrophe, selon lequel de méga-secousses au niveau de la faille Nankai doublées d’un tsunami pourrait tuer plus de 320.000 personnes au Japon.

C’est pour en savoir un peu plus sur les facteurs déclencheurs de ces mouvements que les scientifiques veulent creuser jusqu’à 3.600 mètres sous le fond de l’océan lors de cette mission. Ce travail doit préparer une nouvelle mission de forage l’an prochain au même endroit, au cours de laquelle ils espèrent sonder jusqu’à 5.200 mètres, là où les plaques se frottent.

« Ce serait la première fois qu’un forage atteindrait directement une zone sismique, là où une énergie considérable peut être générée, provoquant des mouvements de la croûte terrestre le long des failles en entraînant des tsunami », a expliqué Tamano Omata, chercheur à l’Agence japonaise des sciences et technologies marines et terrestres.

Les scientifiques veulent placer des capteurs dans la croûte terrestre, qui seront reliés à un système d’analyse situé sur la terre ferme. « Nous voulons pouvoir étudier comment la croûte terrestre bouge dans les instants qui précèdent les tremblements de terre », de façon à mieux prévoir de futurs séismes, a ajouté M. Omata. Situé à la jonction de quatre plaques tectoniques, le Japon subit environ 20% des séismes les plus puissants enregistrés chaque année sur la planète.

édité par: Caroline Albert
13/09/13 – 10h12  Source: AFP – Site : 7sur7.be –  Photo © thinkstock

 

Le séisme qui a fait trembler la Terre…

Le séisme de mars 2011 au Japon a perturbé la rotation terrestre. Photo NasaNous habitons sur une planète unique dans le système solaire, et d’un genre probablement rarissime dans la Galaxie entière… Outre sa caractéristique principale – l’eau coexiste sur notre planète dans ses trois états, solide, liquide et gazeux – la Terre possède un satellite d’une taille exceptionnelle par rapport à sa propre masse, la Lune, bien sûr, et enfin… la Terre possède une tectonique des plaques, autrement dit, une surface mosaïque divisée en une quinzaine d’éléments ; cette surface se déplaçant sur la couche sous-jacente, le manteau, plus chaud donc plus meuble, et lui-même soumis à la pression énorme de l’énergie emmagasinée dans le coeur de la planète.

Il n’y a pas, dans le système solaire, d’autres exemples d’une telle activité de surface, même si l’activité géologique – le volcanisme, par exemple – n’est pas l’apanage de notre planète. Plus personne n’ignore que ces plaques tectoniques, qui portent les continents et les planchers océaniques, se déplacent lentement et sont souvent affrontées. Au contact de deux plaques, se trouvent des zones volcaniques et sismiques. Pour visualiser les forces en présence, il suffit par exemple de considérer l’Amérique du sud, portée par la plaque sud-américaine, sous laquelle s’enfonce la plaque de Nazca, qui porte une partie du Pacifique sud. La zone de confrontation est marquée par la cordillère des Andes et ses milliers de volcans, un plissement géologique gigantesque provoqué par la pression des deux plaques…

Le séisme de ce 11 mars 2011 au Japon, mettant en jeu la plaque Pacifique et la plaque Nord-Américaine, a dégagé une énergie inouïe. Avec une magnitude estimée à 9,0 le Japon a connu ainsi l’un des plus puissants séismes de son histoire… et l’un des plus puissants séismes jmais enregistrés sur notre planète, avec celui de 2004 à Sumatra (9,3) et de 1960 au Chili (9,5). A quoi correspond une telle magnitude, à quoi peut-elle être comparée ? L’énergie produite par le séisme au Japon est estimée à plus de cent milliards de milliards de joules, soit l’équivalent de dix millions de bombes nucléaires de dix kilotonnes chacune… On comprend mieux, dès lors, la puissance phénoménale de ce séisme, capable de soulever un océan entier… Mais le tremblement de terre et le tsunami dévastateur qui s’en est suivi n’est pas la conséquence la plus importante – au niveau de la planète – du séisme. En fait, en libérant les tensions entre les deux plaques tectoniques, le séisme a littéralement « déplacé » le Japon de près de 2,5 mètres, et a aussi perturbé le mouvement de la Terre entière !

L’effet est tout à la fois dérisoire – l’axe de rotation de notre planète s’est déplacé d’une vingtaine de centimètres – et prodigieux, lorsque l’on songe que la masse de la Terre approche les six mille milliards de milliards de tonnes… Enfin, la vitesse de rotation de la Terre sur elle-même a aussi été légèrement perturbée par le séisme : désormais, nos journées seront plus longues de près de deux… millionnièmes de seconde.

Serge Brunier – Site : www.science-et-vie.com – publié le 14/03/2011 – Photo NASA

 

Le séisme du Chili a modifié l’axe terrestre et raccourci les jours

Selon les calculs d'un scientifique de la Nasa, l'axe de la planète a dévié de 8 cm au cours de ce séisme, raccourcissant la durée de jour terrestre de 1,26 microseconde ©

© PANTHER/P.P.L. IMAGE/SIPA

Le puissant séisme qui s’est produit samedi au large des côtes chiliennes a probablement modifié l’axe de rotation terrestre et légèrement raccourci les jours, a indiqué mardi un scientifique de la Nasa, l’agence spatiale américaine.

Selon les calculs de Richard Gross, du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa en Californie, l’axe de la planète a dévié de 8 cm au cours de ce séisme de magnitude 8,8. Si les jours terrestres durent 24 heures, c’est parce que c’est le temps que met la planète à accomplir une rotation complète autour de son axe. La légère modification de cet axe a donc une incidence sur la rotation. Si l’axe de la Terre a dévié de 8 cm pendant le séisme au Chili, cela correspond à un raccourcissement de la durée de jour terrestre de 1,26 microseconde, selon les calculs de Richard Gross. Une microseconde représentant un millionième de seconde, ce changement est imperceptible.

Le séisme de samedi aurait encore plus dévié l’axe de rotation terrestre que celui de magnitude 9,1 au large de l’Indonésie qui avait entraîné le tsunami dévastateur de 2004 en Asie. La raison vient du fait que la faille à l’origine du tremblement de terre au Chili « a un angle de pénétration dans la croûte terrestre plus fort que la faille responsable du séisme de Sumatra en 2004″, c’est-à-dire une plus grande capacité à déplacer verticalement la masse terrestre et à modifier son axe. Le séisme de 2004 avait dévié l’axe de rotation terrestre de 7 cm environ, mais la durée du jour avait plus fortement diminué, de 6,8 microsecondes, selon la Nasa.

Source : Lepoint.fr – 04/03/2010 à 11:41